Jérome.....

Ouvert par pv 53, 23 mai 2017

Lun 7 Aoû 2017 22:00 #141
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Cha Bsrd, a le mal du pays.
2 août, 10:32 ·
Lettre ouverte à Messieurs Emmanuel MACRON, Président de la République, Edouard PHILIPPE, Premier Ministre, Stéphane TRAVERT, Ministre de l’Agriculture, Nicolas HULOT, Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, et à l’ensemble de la population française
Mon père a quitté ce monde au printemps, il est décédé des suites d’une maladie que l’on n’a pas su nommé, et qui s’appelle la dépression. Certains diront simplement qu’il s’est suicidé.
Papa est né en 1959 de parents et de grands-parents agriculteurs dans un village de Seine-Maritime. Passionné depuis tout petit, il est devenu agriculteur à son tour. Il s’est donc installé avec ma Maman en 1981 sur une ferme de polyculture-élevage. Ils ont démarré, non sans mal, avec un troupeau de 50 vaches laitières de race holstein et 52 hectares en location.
Dès leur installation, la vie n’a pas été simple mais ils vivaient. Ils ont alors eu leur premier enfant, un fils (quel bonheur !), mon frère, puis une fille (le choix du roi !) et une autre fille, moi-même. Quel bonheur d’avoir grandi à la ferme. Quel enfant ne rêve pas d’un terrain de jeu de cette taille, et au milieu des animaux en plus ?! je me souviens de nos virées à la mer, sur les plages du Nord où nous partions sitôt la traite du matin avec la glacière, puis nous rentrions pour la traite du soir. Une vie rythmée par la traite des vaches pendant 36 ans.
36 ans que mes parents se lèvent à 6h pour traire jusqu’à 70 vaches, et quittent le troupeau à 19h30, après la traite du soir, 36 ans à soigner un troupeau de vaches laitières, les génisses et les veaux, 36 ans à soigner leur alimentation, à gérer les vêlages (qui ne tombent pas toujours de 6h à 19h30 mais parfois en pleine nuit). 36 ans à cultiver les sols pour récolter la paille qui servira de litière aux vaches et ensiler le maïs qui servira à alimenter une partie du troupeau pendant l’hiver.
Ils se sont quand même accordé du repos : une semaine de vacances en club par an, à notre plus grand bonheur ! Je me demande maintenant quelle est la plus grande richesse d’un éleveur : son argent ou son temps ? …
A la veille de mettre fin à ses jours, je discutais comme souvent avec mon Papa de l’état des cultures. Habitant dans le Loir-et-Cher, nous nous amusions souvent à comparer l’avancée des cultures qui est très différente entre mon département d’adoption et la Seine-Maritime où mes parents sont installés. En effet, la différence de climat entre les deux départements crée un écart de végétation de deux à trois semaines d’avance pour le Loir-et-Cher.
Ce jour-là, je lui racontais anodinement que la maladie avait atteint les céréales dans le Loir-et-Cher, comme tous les ans à la même époque. On voyait d’ailleurs les symptômes (les feuilles tâchées) du bord de la route. J’ai alors sentie un agriculteur inquiet. Inquiet de devoir racheter des produits pour traiter une nouvelle fois ses céréales contre cette maladie qui allait bientôt arriver dans ses plaines. Et le cas échéant, si les traitements ne s’avéraient pas efficaces, quel sera l’impact sur son rendement ? Une plante malade est une plante qui perd en rendement de grain, où qui est déclassée à la collecte. Et après une année comme celle passée, avec des rendements historiquement bas, et un prix du lait qui ne suffit même pas à payer les factures, il n’était pas prêt à revivre un tel désastre.
A cet instant, j’étais loin d’imaginer son acte désespéré…
A travers cette lettre, je m’adresse à vous, Monsieur le Président, Messieurs les Ministres, cher peuple Français, pour vous expliquer que lorsque vous apercevez , lors de vos départs en week-end ou en vacances, ou simplement au travail, un agriculteur qui épand des produits phytosanitaires, ce n’est pas par plaisir. C’est aujourd’hui la seul solution, économiquement viable, qui leur est proposée pour soigner ses plantes, et assurer son revenu.
Cher Président de la République, cher Premier Ministre, chers Ministres de l’Agriculture et de la Transition Ecologique et Solidaire, avoir pour objectif de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, c’est d’abord proposer aux agriculteurs des solutions de substitution pour soigner leurs plantes, leurs animaux, et assurer leur revenu, que dis-je, leur avenir. Alors oui, des solutions sont expérimentées ici et ailleurs, des exploitations agricoles valident leurs efficacités. Alors développons ces solutions, aidons les agriculteur à s’équiper de ces solutions, accompagnons les start-ups dans leur développement pour faciliter l’accès à ces solutions. Les Etats Généraux de l’Alimentation lancés le 20 juillet sonnent comme un espoir, les défis ciblés par Monsieur le Premier Ministre Edouard Philippe sont justes. Le premier défi de ces Etas Généraux est désormais d’être emmené au bout.
Je vous écrit aujourd’hui en tant que fille et sœur d’agriculteur, en tant que mère de famille et en tant que salariée d’un grand groupe de distribution en fournitures agricoles. Le développement de ces alternatives ne se fera pas sans la formation de ceux qui les vendent : les conseillers commerciaux / technico-commerciaux bien trop souvent motivés directement par les firmes elles-mêmes. Et si l’on veut rendre ce développement irréversible, le monde agricole a besoin de deux choses :
- Vivre de sa propre production : avoir un excédent brut d’exploitation suffisant et perren. Le revenu dégagé par les éleveurs laitiers est inexistant. C’est aujourd’hui un sacrifice d’une branche professionnelle entière qui est en train de se produire.
- Plus de reconnaissance sociale : Peuple Français, intéressez-vous à l’évolution du monde agricole plutôt qu’à ses clichés de mauvais goût issus de la télé-réalité entre autres.
Il est tant que ces hommes et ces femmes ayant réussi à faire de leur passion un métier soient reconnu à leur juste valeur. Je vous écrit cette lettre au nom de mon Papa, mais aussi au nom des agriculteurs qui sont toujours là, dans l'espoir qu’ils soient toujours là demain.
Enfin, je termine cette lettre par une question à vous tous, cher Président, chers Ministres, cher Peuple Français : D’après-vous, pour quelle(s) raison(s) un homme vivant de sa passion, entouré de sa famille, de ses 5 petits enfants peut en arriver à mettre fin à ses jours, n’ayant pas réussi à tenir les 5 dernières années qui le séparaient de la retraite ?
Je cherche encore la réponse.
Charline Coguichard Baussard
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire" Albert Einstein
mes vaches sont là pour me nourrir, pas pour engraisser l'état
Lun 7 Aoû 2017 23:51 #142
c'est l'exagération d'un systéme a outrance , il faut bien oser le dire.... ,
il y a une premiére chose : il y a encore et toujours une catégorie qui n'ont pas changé , des seigneurs qui se servent de la vaillance de moins en moins , aveugle , d'une catégorie que si ils osaient , sortiraient le mot " bouseux" ....qui a l'habitude de servir une multitudes d'industries et de services , que les politiques protégent , car on remercie toujours les fleurons du commerce exterieur , mais jamais ceux qui en sont à l'origine , car sans agris ils n'existeraient pas !
il y a une deuxiéme chose : tous ces tirés , où ces soustractions qu'une exploitation agricole est soumise , qui vont je ne sais trop où , pour financer je ne sais trop quoi , on nous fait toujours miroiter que çà rend service à l'avenir de l'agriculture ....
sans compter le coùt de production qui a flambé pour tout un panel de raisons , dont nous sommes toujours incapable d'avoir un systéme qui les répercutent sur le prix des produits sortant des fermes !
Cela engendre , un ras le bol , de ne pas être entendu , ni compris . On le perçoit comme un echec personnel , alors que c'est un échec structurel , politique , et sociétal , où l'agriculteur est un pion , dont on se serv , il finance tout un pend de la société , industrie alimentaire animale , industrie mécanique , vétérinaire , pétrolier , beaucoup de secteurs tournent autour de l'agriculture , mais peux s'en rendent compte !
toute cette conscience , l'agriculteur l'a , car il doit y faire face, pour nourrir sa famille ! ....
"La situation économique de notre pays ne nous permet pas de gaspiller le savoir-faire de ses paysans et encore moins de les mépriser en les conduisant vers une impasse économique nourrie par des fantasmes irrationnels. "
Mar 8 Aoû 2017 12:20 #143
Le jour ou les château de cartes va s'ecrouler...il y aura du monde sur le carreau.
Un agriculteur c'est 7 emplois mais des emplois menacés par l'egoisme des indus et gms.
Mar 8 Jan 2019 18:55 #146
J avais tenté d ouvrir le sujet...qu en penses tu de ce roman ?? De mon côté je veux croire que ça fera avancer l image de l agriculture et de son sort face à nos bourreaux
à 50 ans on attend plus rien de la vie mais on peut tout en espérer.
Mar 8 Jan 2019 19:27 #147
J'ai commencé la lecture de Sérotonine hier. Rendu page 40, effectivement les références agricoles sont "accrocheuses" pour le paysan retraité @lm. J'essaierai d'en faire une critique personnelle a la fin de la lecture et après mon séjour hivernal au soleil. Je compte sur le béarnais Ossau pour en faire autant, ainsi que tous les lecteurs d'Houllebecq.
An douar zo re gozh evit ober goap anezhañ.
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Mar 8 Jan 2019 22:29 #148


Y a pas à dire, rarement la question agricole n'a jamais était aussi bien décrite, du moins c'est l'impression que me laisse l'extrait, et comme j'ai une culture littéraire très faible je ne peux pas vraiment l'affirmer.
Mar 8 Jan 2019 22:48 #149
pour le moment mon épouse a squatté le bouquin et comme elle lit encore avec le doigt...nan je déconne.....

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