Au sujet de la drosophile suzukii et les vignobles français.

Ouvert par trouspinette, 24 avril 2017

Mar 23 Mai 2017 17:12 #2
On a des très bons résultats avec le défeuillage précoce et le blanchiment au kaolin (Surround).
Mer 24 Mai 2017 22:28 #4
C'est vrai que la relation entre la pourriture acide et D. Suzukii fait débat. Plusieurs scientifiques ne sont pas tous d'accord à ce sujet... Mais en pratique, on voit des D. Suzukii sur le raisin (au moins 75 % des drosophiles sont des Suzukii) et sur les tas de marc et dans les caves on voit les drosophiles indigènes... Je garde mon avis pour moi, mais je rejoins l'article cité ci-dessus... :idea:

Alors comme je le disais avant, il faut dans la zone des grappes enlever toutes les feuilles et les entre-cœurs tôt dans la saison (floraison, voire juste après pour les cépages ne craignant pas l'échaudage). Cela permet de doubler l'épaisseur de la peau et les drosophiles n'aiment pas cette peau épaisse à percer et ce climat aéré. Si l'année est difficile (comme 2014), il faut "peindre" le raisin en blanc avec du Kaolin (Surround)... Quand je dis peindre, c'est même un euphémisme... 24 kg/ha concentré sur 40 cm en face par face. Et il faut remettre des couches si c'est moins blanc (2-3 x). Cette méthode fonctionne, on arrête de blanchir deux semaines avant la récolte et on récolte à maturité et sans pourriture acide ni pourriture tout court (0.3 g/l d'acidité volatile après FML...).

En ce qui concerne les cépages sensibles à l'échaudage, il faut les défeuiller au plus tard à la floraison et faire des essais au préalable, mais dans ma région, on arrive à mettre du Gamay au soleil. Il faut que les cépages sensibles à l'échaudage s'habituent depuis le début au soleil et ça passe, du moins dans ma région.

On peut encore rajouter des filets latéraux anti-oiseaux et on arrive à une méga protection contre D. Suzukii, car les oiseaux viennent en premier, ça sent le raisin et les D. Suzukii arrivent ensuite. C'est pour cela que le Blanchiment fonctionne, parce que c'est blanc et que ça coupe l'odeur et dérange les Suzukii...
Jeu 8 Juin 2017 15:36 #6
C'est aussi interdit en Suisse il me semble. En 2014 j'ai essayé des insecticides bio et c'est franchement innefficace... Le seul truc qui fonctionne c'est le Surround (kaolin) et il faut penser peinture en préventif et c'est 80 % d'efficacité grosso modo. C'est suffisant pour vinifier sans problème.
Jeu 7 Sep 2017 19:22 #8
J'ai une parcelle de Syrah qui est en train de se faire grignoter petit à petit par la drosophile et la pourriture acide. J'estime les baies atteintes entre 5 et 10%

A quel seuil estimez-vous déclencher la récolte ? Je suis encore loin du compte niveau maturité mais cette pourriture progresse vite...
Jeu 7 Sep 2017 19:50 #9
Il faut atteindre les minimas de l'AOC. Ensuite à toi de voir si tu es déjà aux vendanges, quel pourcentage de tes parcelles sont atteintes, si tu as du monde pour vendanger.

Mais tu ne feras aucun grand vin avec de la piqûre et en plus tu devras trier et tu perdras du raisin... Mieux vaut vendanger en sous maturité, cuver bcp mois (ex. décuvage à 1010 g/l pour ne pas extraire de végétal) et avoir un vin un peu moins tannique mais propre. Ensuite tu assembles et tu mets en barrique et ce vin qui te paraît faible sera le préféré de tes clients car facile à boire. :pouce. Si tu décuves avec 10-20 Oechslés il n'y a pas de végétal. Je peux te l'assurer pour avoir dû rentrer de la vendange pas mûr en 2014. J'ai même plus vendu de rouge... alors que ça ne me disait même pas de vinifier certaines cuves... :mdr

Il faut absolument levurer ces vendanges à 20 g/hl et oublier les préfermentaires.

Sinon tu gardes pour le rosé et le volatil n'est jamais haut en rosé. Sans doute car le SO2 s'y mélange mieux. En tout cas, aucun rosé n'avaient trop de problèmes en 2014 sur une année catastrophique en Suzukii en Suisse. Je dirais qu'il y a 40 % de volatil en moins sur rosé que la même vendange en rouge. C'est aussi parce que les rosés comme les blancs ne sont pas aérés en vinification.

En résumé vendange dès que tu peux avec les minimas AOC, ne cuve pas trop, levure un max, si possible fait du rosé et aucun grand vin n'est fait avec de la vendange piquée. C'est une faute de raisonnement de penser que mûr + encore plus d'acétique est mieux. La piqûre est un problème rédhibitoire et la risquer esr pire que de faire un vin propre type primeur que tu pourras assembler.

Tu peux aussi blanchir au kaolin à 24 kg/ha mais ça me semble tard et ça va te coûter 50 à 80 euros par hectares qui auraient dû être investis il y a 3 semaines. Vendanger est le plus sûr moyen de moins perdre.
Jeu 7 Sep 2017 19:58 #10
J'ai voulu blanchir au kaolin suite à un de tes posts malheureusement je me suis renseigné et aucune disponibilité dans ma région avant plusieurs jours...

Je n'ai pas de minima AOC car je vinifie cette cuvée en vin de France mais je suis uniquement à 9.3° donc ça me parait un peu juste quand même. Cette parcelle rentre pour 1/3 environ du vin final après assemblage et je ne fais pas de rosé !
Jeu 7 Sep 2017 20:01 #11
Traditionnellement j'ai une maturité à 11° 11°5 donc 2 degré encore à atteindre mais grosse pluie pendant 3 jours à venir (20mm environ...)
Jeu 7 Sep 2017 21:27 #12
Le pire que j'ai rentré en 2014 était (et je ne suis pas fier :gene ) à :

75 Oechslés en Gamay = (75-15)/6 × 0.94 = 9.4 % vol alcool réel en rouge ou 10 % vol alcool avec la méthode pour les blancs.

Si vous avez la même sonde pour blanc et rouge mes pires vendanges avaient 10 % vol alc en Gamay et 10,8 % en pinot. Je ne savais pas qu'on pouvait faire du vin avec ça... :gene. Il faut surtout levurer fort et décuver avant la fin de FA au plus tard à 10 Oechslés ou 1010 de densité. Si tu vas au bout de FA vers 996... il n'y a que du tanin astringent et vert.

A ce stade en 5-7 jours tu as plus de 10 % vol, donc prépare la cave.

Pour le Kaolin (Surround de Staehler en Suisse), je prévois une réserve pout pouvoir faire mes rouges en début d'année. Si c'est une année à problème il y a tout de suite une rupture de stock.

Je ne sais pas dans quelle région tu es, mais s'il ne fait pas trop chaud essaie l'effeuillage total de la zone des grappes avant la chute des capuchons. C'est hyper efficace.
Jeu 7 Sep 2017 21:33 #13
ok merci pour ces conseils chasselas ça me redonne un peu d'espoir :byec. Le plus dur va être de passer cette pluie !
Jeu 7 Sep 2017 23:46 #14
Si tu vendanges à la main, il faut montrer comment trier. Tu tiens la grappe par le pédoncule et avec la pointe du sécateur on fait tomber les grains pourri piqué. Ça tombe tout seul et ça change énormément le tonnage par rapport à couper les parties atteintes...

En vinification, il faut monter le SO2 vers 60 mg/l avant tout transvasage. Préfiltre dès que tu peux et stoppe la FML à 80 %. La FML finit de manière enzymatique. Si tu attends en fin de FML le volatil monte.
Jeu 7 Sep 2017 23:52 #15
Comme tu m'en parles ce sera rentré la semaine prochaine.

Sinon l'effeuillage total de la zone des grappes avant la chute des capuchons + kaolin environ 4-5 semaines avant la date présumée des vendanges fonctionne très bien. Et si tu peux mettre des filets à oiseaux latéraux ou dessus c'est encore mieux car les drosophiles sont attirées par les blessures d'oiseaux.

En 2014 on se demandait comment on allait faire et maintenant avec ce que je t'ai dit on voit que ça fonctionne. En plus c'est du vrai bio.
Sam 9 Sep 2017 16:00 #16
Bcp de collègues ont blanchi (kaolin, surround de staehler) sur le tard avec 10 % de pourri acide (2-3 semaines avant vendanges) et il semble que ça ralentisse le développement de la pourriture acide quand même. Mais c'est mieux de le faire vers 80 % véraison 4-5 semaines avant la date présumée des vendanges.

J'ai aussi l'impression que ça tient mieux qu'en 2014 et que l'attaque de pourriture acide ne sera pas généralisée mais localisée.
Lun 11 Sep 2017 09:09 #17
On va bien voir, en 2014 j'avais fait un tri à la parcelle 3 semaines avant mais au moment des vendanges c'était déjà revenu, c'est pourquoi cette année je laisse faire les choses. Ce qui m'avait étonné c'était la très faible acidité volatile malgré les nombreux grains pourris donc c'est peut-être pas aussi fortement corrélé. Dans tous les cas en ce moment c'est pluie pluie pluie donc les vendanges sont encore reportées à semaine prochaine. En espérant que cette pluie calme l'activité des drosophiles (j'ai du mal à y croire) mais en attendant c'est son frère le botritys qui va prendre le relais... :itsnot
Lun 11 Sep 2017 10:00 #18
Une bonne raison de ne pas ''lutter'' contre les guêpes, et d'éviter les insecticides inutiles.
http://www.myrmecofourmis.fr/Guepes-parasitoides-de-Drosophila
Deux espèces de guêpes parasitoïdes de Drosophila suzukii, Trichopria cf drosophilae et Pachycrepoideus vindemmiae, sont présentes en France et sont capables de tuer et de se développer dans cette espèce de drosophile invasive.
Lun 11 Sep 2017 13:39 #19
anto64 a écrit:
On va bien voir, en 2014 j'avais fait un tri à la parcelle 3 semaines avant mais au moment des vendanges c'était déjà revenu, c'est pourquoi cette année je laisse faire les choses. Ce qui m'avait étonné c'était la très faible acidité volatile malgré les nombreux grains pourris donc c'est peut-être pas aussi fortement corrélé. Dans tous les cas en ce moment c'est pluie pluie pluie donc les vendanges sont encore reportées à semaine prochaine. En espérant que cette pluie calme l'activité des drosophiles (j'ai du mal à y croire) mais en attendant c'est son frère le botritys qui va prendre le relais... :itsnot


C'est l'acétate d'éthyl qui sent le plus la piqûre. Dès 0.15 g/l on le sent. Il est rarement mesuré. Il se forme surtout en haut de la cuve donc si tu as la possibilité de faire ta macération dans une cuve fermée ça te crée un inertage naturel au CO2. Tu mets tous les lots délicats en cuves fermées et surtout tu décuves vers 10 Oechslés (environ 25 g/l de sucre résiduels) car les bactéries acétiques reprennent le dessus en cas de surcuvage.

En 2015 et 2016 mes parcelles légèrement atteintes avaient les baies vides comme des ballons de baudruche. Je suppose que si tout est sec il n'y a pas bcp d'acidité volatile. J'ai fini après malo à 0.3 - 0.4 g/l ces années donc comme une parcelle saine.

J'ai vu en 2014 que l'action anti aldéhyde du SO2 améliorait le nez des vins piqués de même qu'un léger passage sur chêne (mais pas neuf car ça apporte de l'ac. acétique).

Et attention à la malo car il remonte de 0.2 g/l voire plus si on attend. J'ai pu constater que 50 mg/l de SO2 à 80 % de la FML ne l'empêche pas de finir le malique par voie enzymatique.

Bref... bonne chance... ça reste compliqué de faire face à ces lots délicats... J'en ai 0.4 hectares cette année... :byet Mais rien à voir avec les 2 ha de 2014. Ces 4000 m2 sont blanchis et les suzukiis sont venus sur les blessures de guêpes. C'est un problème de guêpes et non de suzukii.

Bref je n'ai rien contre les minis guêpes auxiliaires... Par contre les guêpes "communes" font du dégâts... Si j'avais su j'aurais mis des filets à guêpes... on est tjs plus intelligent après...
Mer 13 Sep 2017 08:17 #20
Chasselas je comprends pas comment tu veux fermer une cuve avec le dégagement de CO2 qui se crée pendant la fermentation ? D'autre part, même en cuve ouverte le dégagement de CO2 au-dessus du chapeau est à lui seul un inertage !

As-tu entendu parler de la thermovinification ? J'ai une résistance chauffnte qui me permet de monter à 70° ce qui permet de détruire la laccase du botrytis et les bactéries de la pourriture acide, je suis bien tenté de le mettre en oeuvre mais je suis pas sur du résultat...

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