L' ennemi intérieur

Ouvert par tacyst, 24 janvier 2016

Dim 1 Mai 2016 22:38 #41
rv666 a écrit:
tacyst a écrit:
@Gwendal, RV 666,
Le prix du lait d’époisses à 380€ (ou+30€)
loin donc du 1.5 à 2 *le prix du standard pour le comté ou le Beaufort, un prix de "rentabilité alors que les autres sont au fond de la piscine c'est sûr c'est pas si ,mal mais pas extraordinaire.
Pour un lait de haute qualité du fait du process et des contrainte du fromage (salmonelles et listéria), du pâturage dans une région d'été "paillasson" , de la pression des céréales et de la forte déprise lait :interr
Après je ne suis pas spécialiste
(contrairement à ce que dit Petit Mayenne, les industriels français ne cherchent pas à exporter que des commodités, vu le manque de compétitivité de l'industrie française, la situation serait encore pire que ce qu'elle est aujourd'hui)

D'après les allemands ,ils subissent la forte concurrence française chez eux par les fromages français sur le "haut de gamme" ,eux étant trop spécialisés dans le "fromage à pizza"

reste le"B" en AOP :eusa_wall


Il n'y a pas de comparaison possible entre l'Epoisses, le Langres, d'autres pâtes molles et le Comté, ou le Beaufort:
- en terme de notoriété
- en terme de coût de production (beaucoup plus de MO pour fabriquer et affiner un Epoisses)
- et surtout en terme de valorisation des excédents: les excédents du comté s'affinent tranquillement en cave, ou éventuellement passent en Morbier AOP, ou Mont d'Or AOP, quand ceux de l'Epoisses sont vendus avec une perte (en ce moment dépassant les 150€/1000l)...
- Quant au cahier des charges amont, il n'y a aucune comparaison (l'herbe n'est obligatoire que jusqu'au 15 juin, et ne représente qu'une partie de l'alimentation)
- enfin , la pression sanitaire a largement diminué, puisqu'il doit y avoir moins de 5% des fabrications Epoisses qui restent au lait cru; c'est trop compliqué et trop dangereux, donc trop coûteux, avec les contraintes sanitaires, de faire une croûte lavée au lait cru
Donc, il ne faut pas chercher à obtenir dans des AOP de plaine, les mêmes valorisations que dans les AOP de montagne; je pense qu'en Epoisses, on a une bonne répartition de la VA, qui pourrait être améliorée, je le répète, si les producteurs voulaient bien changer le rapport de force en se regroupant... Malheureusement...pour eux... je pense que les tensions Côte d'Or- Haute-Marne, et l'attachement à de vieilles structures désuètes, seront plus fortes que l'intérêt collectif


OK, d'accord
Bon, je vais attendre que la cancoillotte soit sous label, en espérant suivre le même chemin que l'époisses
Bon courage aux bourguignons!
Mar 3 Mai 2016 21:05 #42
Ennemi intérieur 2 "le baisé de la mort"
M balance 20 à 30€/T au dessus des coops pour récupérer des producteurs
avant de les pendre :dingue
et tout ça pour de l'affinage 6 mois :eusa_wall
Lun 4 Juil 2016 09:23 #47
Et au moindre tassement de la demande en bio, je vous le mets en mille, la stratégie sera similaire... Surtout que plus les volumes sont importants, plus il y a à gagner en essorant le prix au producteur.
Vini, Vidi, Pactoli
Lun 14 Nov 2016 00:16 #48
Propos extrait de l'A.P.A.D 25 (Association Partenaire des Agriculteurs en Difficulté) paru dans La Presse Pontissalienne N°29 de novembre 2016

...Michel Cartier (administrateur) et Ferjeux Courgerey (président) s'inquiètent des conséquences de la dynamique du comté."On craint qu'il y ait de la casse au niveau des producteurs qui partent sur des investissements gigantesques. On dénonce aussi la politique de la défiscalisation qui accroît l’endettement. Cette politique va à l'encontre de l'impôt et de la MSA. C'est une perte de solidarité", estiment Michel Cartier en regrettant que l'agriculteur "fiché" n'ait plus droit aux prêts bancaires.
...
Mer 19 Avr 2017 12:43 #51
Oui mais tout reste dans la motivation des producteurs de s'en tenir aux valeurs qui les a conduit a mettre en place leurs appellation....
Sam 22 Avr 2017 23:32 #52
Le comté: les dépenses en conséquence

Dans notre région ,les fromages sont en AOP depuis plusieurs générations avec beaucoup de travail réalisé pour les protéger.
Dès le début ,la création de coopératives (dites fruitières) était le modèle, et il ne fallait surtout pas en changer pour en faire des entreprises comme aujourd'hui: dirigées par des directeurs avec des salaires à 5 chiffres, qui prennent les agriculteurs pour des vaches à lait.
En Franche-Comté, elles sont restées à taille humaine, ou du moins elles essayent. c'est pour cela que je ne dis jamais le mot coop mais fruitière et j'y tiens!
Ici, c'est encore la base qui commande. En AOP, le métier d'agriculteur ne s'arrête pas au tank à lait comme le lait standard où beaucoup de monde s'occupe de votre produit en vous mangeant la laine sur le dos. Pour beaucoup, nous avons des fruitières en commun où tout nous appartient: fromage, matériel, gestion des salariés, bâtiments, magasins ou caves d'affinage.
Des petites unités de fabrication de 2 à 14 millions de litres. Certaines couvrent toute la filière, de la fabrication à la commercialisation, d'autres se contentent de la fabrication, les affineurs s'occupent du reste. Ce mode de fonctionnement nous permet de bien valoriser notre lait.
Mais rien n'empêche les gros groupes de venir grignoter des parts de gâteau pour faire leur business. malheureusement, ces groupes vendent bientôt 50% du marché du comté: des fromages jeunes qui cassent l'image du bon goût du comté. Leur intérêt est de vendre vite pour faire de l'argent vite. Ce ne sont pas des boutiques qui ont le sens du produit mais plutôt celui du fric.
Ces personnes qui vendent un gros pourcentage de comté, font aussi de la contrefaçon de comté (Le Saint Mont des Alpes de Monts et terroir, groupe Sodiaal NDLR). Preuve que ces boutiques ne tiendront pas la filière: cette année ,on estime à 5 000 tonnes de vent de comté en moins à cause de ce phénomène. Restons soudés pour combattre ces "vautours"!

Pour nous, petits producteurs, il est difficile de convaincre tous nos sociétaires de se serrer les coudes devant ces personnes qui proposent actuellement des prix du lait très intéressants, dans l'objectif de déstabiliser nos petites fruitières et de les racheter par la suite.
Certes, la nécessiter de moderniser nos ateliers dans des constructions neuves est difficile mais encore réalisable. Malheureusement, ce sont les exploitations qui ont le plus investi dans leur propre fermes qui freinent des quatre fers, ce qui est compréhensible: tous dépensent pour la mise aux normes européenne et il ne reste rien pour la modernisation de la fruitière.
Autre difficulté dans notre système AOP qui est tant pris en exemple par d'autres départements: nous n'avons pas une grande marge de manœuvre. Effectivement, nous touchons nos prix du lait entre 450 et 550€/kg suivant les fruitières. Mais nous avons un cahier des charges très strict, avec des coûts de production très élevés, surtout cette année au vu des aléas climatiques qui nous ont touchés comme tout le monde. Dans nos fermes, il n'est pas rare de trouver des coûts de production à 500€/t sur certaines exploitations qui se sont regroupées (comme c'est la mode) et ont investi à outrance.
Il ne faut pas confondre chiffre d'affaire et revenu! Nous avons dans notre AOP des exploitants qui dépensent au-dessus de leurs moyens.
Les centres de comptabilité le disent:"si le comté baisse de 50€/t, 45% des exploitants disparaîtront". Il ne faut pas croire que parce que l'on fait du fromage à pâte jaune, cela nous rapporte de l'or!
Mais nous avons quand même une belle filière qu'il faut savoir conserver et ne pas faire de folie

Propos de Franck Bailly, président de la CR39, paru dans 100% agriculteurs de Bourgogne-Franche-Comté avril 2017(journal régional de la Coordination Rurale)
Dim 23 Avr 2017 05:50 #53
Et nous on fait notre beurre avec notre lait...... même si en se moment c'est plutôt le carême......
Pour un peut on pourrait croire, et peut être à juste titre, qu'il y a des gens bien dans d'autres syndicats......
D'autant plus qu'il y a des gens bien partout, tout comme des emmerdeurs...... :flower
Mer 28 Juin 2017 19:32 #56
Mauvais mélange des genres.....
Je ne suis pas sur que la filière comté en sorte grandi......

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