Bravo Gérard

Ouvert par Dairy, 25 avril 2015

Sam 25 Avr 2015 08:53 #2
Effectivement Bravo !!!!

Pourtant vous savez combien je suis moi dans une stratégie différente ! mais le principe de toute stratégie est de les poussé au bout et ne pas avoir le cul entre deux chaises.

Je dis donc bravo à cet éleveur qui à lui aussi su sortir des sentiers battu et met un peu plus le bordel dans la tête des "ça a toujours été comme ça" ^^

La ou il est excelle c'est quil a poussé sa stratégie d'herbe jusqu’à la conduite du troupeau en balayant tout au passage, en passant de la génétique, du travail, à la monotraite, à la physiologie des vaches. Bref une vrai stratégie globale qui est modélisé et mise en oeuvre !

Beaucoup parle de faire plus d'herbe pour moins de concentré mais ils ne poussent pas le résonnement jusqu'au travail qualité de vie et rentabilité. Moi j'ai bien aimé ce passage :
"En mars, elles restent à l'intérieur le jour et sortent à l'herbe la nuit car l'intervalle entre deux traites est plus long. " Petite phrase anodine mais qui re-transmet toute la stratégie globale.
Profiter d'un début de pousse de l'herbe pour faire le lait, toutefois en maîtrisant la transition alimentaire de la ration vache tarie à fraîche vêle avec un retranchement à l'herbe progressif et pour optimiser le temps de travail les traites ne se font pas déja tout les 12h mais surement toute les 14h, vu que lâché et rentrer des vaches prend du temps on le fait sur la période ou ils y restent la plus longue.
bref tout y'est, technique, rentabilité, qualité de vie ;)
Sam 25 Avr 2015 09:27 #3
Je reste par contre asseez dubitatif sur l'intéret des vaches nourrices?

il faut de la surface pour nourrir des vaches allaitantes, les veaux doivent etre aussi beaucoup plus nerveux...

Le systeme milkbar permet grandement de faciliter le boulot...dans ton cas , Gérard, je n'hésiterais pas !!!

Pour la monotraite, idem, le risque cellulaire s'accroit de meme que le risque mammites.Ou alors en toute fin de lactation, sur 2/3 semaines
Sam 25 Avr 2015 10:05 #4
Dairy a écrit:
Je reste par contre asseez dubitatif sur l'intéret des vaches nourrices?

il faut de la surface pour nourrir des vaches allaitantes, les veaux doivent etre aussi beaucoup plus nerveux...

Le systeme milkbar permet grandement de faciliter le boulot...dans ton cas , Gérard, je n'hésiterais pas !!!


il vient de ou le lait que tu mets dans le milk bar ? :eusa_think
Sam 25 Avr 2015 10:12 #5
:eusa_clap , quelqu'un qui sait ce qu'il veut.

C'est bête, je suis convaincu de l'éfficacité de ce système dans des régions ou l'herbe pousse vite et longtemps ,j'ai visité les mêmes élevages que lui en GB , et je n'arrive pas, entre autres, à franchir le caps des vaches "barriolées" et comme dairy je ne suis pas convaincu par les vaches nourrices .D'ailleurs outre manche, ils étaient plus avec le Milk Bar

Pour la monotraite, il a raison c'est là ou il gagne beaucoup sur le temps d'astreinte.
Sam 25 Avr 2015 10:41 #6
les vaches bariolées c'est très jolie et surtout facile à reconnaitre au premier coup d'oeil . On a eût les mêmes à la maison . La différence avec les vaches nourrices c'est déjà le temps passé auprès des veaux je suppose et surtout sur le plan sanitaire , là il n'y a pas photo . Nous on les laissait 3 semaines avec leur mère .
Je suis plus sceptique sur la monotraite , au paturage le taux cellulaire est plus difficile à tenir déjà mais vu que les vaches vont au champs en mars , la terre doit être bonne . C'est l'état des mamelles qui joue pour beaucoup. La petite surface doit aussi être liée à la qualité de la terre , je suppose .
Il y a un autre truc qui me chiffonne c'est le stock , en bio il faut avoir une année d'avance de foin , Décapitaliser sur des vaches bariolées ça ne donne pas grand chose financièrement surtout qu'en cas de sécheresse tout le monde le fait en même temps , le prix de la viande baisse et le prix de l'aliment s'envole . Mais tout ça se sont des ajustements qui se font avec le temps et l'expérience
Sinon bravo pour avoir une réflexion aussi jeune mais travailler au sens contraire du courant c'est aussi épuisant à la longue . Il faudra beaucoup de courage .Un grand merci pour cette bataille contre toutes les idées préconçues
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire" Albert Einstein
mes vaches sont là pour me nourrir, pas pour engraisser l'état
Sam 25 Avr 2015 11:24 #7
Merci...
Pour mono44, j'ai du stock mais pas une année d'avance (pas assez de place en bâtiment) et effectivement il faut du stock mais en gardant en tête qu'il faut en faire manger le moins possible et privilégier le pâturage. Je ne dirais jamais qu'il ne faut pas de stock au contraire...
Et effectivement, le potentiel des sols est très correct : 900 mm de pluvio, 7-8 TMS en herbe ou 14-16 TMS en maïs ensilage (quand il y en avait...)
La monotraite : elle n'est pas effective toute l'année, je suis en transition et pour l'instant ce n'est que sur la fin de lactation. J'attends d'avoir fait évoluer le cheptel (fin des PH) pour pouvoir y passer toute l'année parce que mes vieilles VL sont trop sensibles aux mammites. (PS le niveau de cellules moyen est de 200 000 et pas de 150 000 comme dans le texte même si je fais plusieurs mois à ce niveau). Le risque cellule est diminué si on part d'une très bonne situation de départ et si on est au pâturage.
Enfin pour les nourrices vs milk bar : c'est à chacun de voir mais moi je suis bien content de ne plus transporter de lait, de ne plus avoir de génisses qui se têtent et je ne me vois pas donner du lait au milk bar jusqu'à 9 mois. (intérêt du lait sur une longue durée pour lutter contre le parasitisme et en remplacement du concentré)
Sam 25 Avr 2015 12:26 #8
Systheme coherent oui, mais dans la region la plus favorable dans les meilleures terres d'europe avec pluviometrie genereuse.
Ce systheme demande beaucoup de place en batiment vu le nombre de vaches pour une duree a l'interieur faible.
En boulot il y en a moins peut etre mais passe tant que cela. Beaucoup de clotures, temps de traite, foin...
Sam 25 Avr 2015 12:59 #9
je partage tous les propos positifs exposés ci-dessus et ne vais pas mal les plagier.
cohérence et des méthodes qui décoiffent les habitudes. Fallait oser et le faire!
Mais, une chose me choque c'est l'attitude "coloniale" du mode d'exploitation des ressources. Des exportations pour faire du revenu par ponctions continues sur le fond de terre.
Des siècles de cette attitude ont provoqué des décadences de zones très riches de par le monde, l'histoire en est pleine.....
Tes prédécesseurs au cours des siècles ont construit une richesse que tu consommes , sans avoir la même pratique responsable pour les générations futures.
J'en sais quelque chose, après des siècles d'alternance charbon de bois et fumier d'alouettes migratrices et pas vraiment généreuses, 40 ans n'ont pas suffit encore à ramener un niveau de fertilité suffisant pour alimenter les plantes pendant les accoups climatiques.
Sam 25 Avr 2015 13:37 #10
Bravo Gerrard!
Moi, jaimerais ensavoir plus sur la facon dont tu ty prend pour laisser vieillir tes prairies et passer en praries permanentes?
(Perte de production des prairies, disparition et apparitions despeces, technique de paturage, repartition de la pousse sur lannee par rapport au PT...)
Sam 25 Avr 2015 13:47 #11
bravo gerard , il fallait oser , tu l'as fait :eusa_clap
il ne faut pas oublier que ce système , comme tout système , n'est pas reproductible partout en totalité , il faut un parcellaire adapté ( suffisamment de terres groupées autour des bâtiments , pas de routes a traverser ..etc ) mais il y a toujours des éléments a prendre dans chaque système ,pour les adapter a sa propre exploitation , vouloir faire du copier collé peut mener a l’échec :idea:
Sam 25 Avr 2015 13:55 #12
gzou a écrit:
Bravo Gerrard!
Moi, jaimerais ensavoir plus sur la facon dont tu ty prend pour laisser vieillir tes prairies et passer en praries permanentes?
(Perte de production des prairies, disparition et apparitions despeces, technique de paturage, repartition de la pousse sur lannee par rapport au PT...)

je ne sais pas comment fait gerard , mais pour ma part ,je fais vieillir les prairies tout simplement en laissant faire la nature :gene , la production est différente d'une PT ,pousse moins rapide au printemps mais moins sensible aux conditions climatiques ayant une production mieux étalée dans l'année et supportant mieux la pâture en conditions humides :idea:
je teste , cette année , un mélange suisse sur une nouvelle prairie réimplantée en septembre 2014 , affaire a suivre :idea:
Sam 25 Avr 2015 14:09 #13
Bravo! J'admire ton système. On se dirige vers quelque chose de semblable, quoique adapté à notre hivers. Pour les nourrices, on en est à notre première année et les génisses sont vraiment belle, avec peu de travail malgré qu'elles ne sont pas encore au pâturage. Bonne continuation.
lac St-Jean, Québec :)
Sam 25 Avr 2015 14:47 #14
mono44 a écrit:
les vaches bariolées c'est très jolie et surtout facile à reconnaitre au premier coup d'oeil . On a eût les mêmes à la maison . La différence avec les vaches nourrices c'est déjà le temps passé auprès des veaux je suppose et surtout sur le plan sanitaire , là il n'y a pas photo . Nous on les laissait 3 semaines avec leur mère .
Je suis plus sceptique sur la monotraite , au paturage le taux cellulaire est plus difficile à tenir déjà mais vu que les vaches vont au champs en mars , la terre doit être bonne . C'est l'état des mamelles qui joue pour beaucoup. La petite surface doit aussi être liée à la qualité de la terre , je suppose .
Il y a un autre truc qui me chiffonne c'est le stock , en bio il faut avoir une année d'avance de foin , Décapitaliser sur des vaches bariolées ça ne donne pas grand chose financièrement surtout qu'en cas de sécheresse tout le monde le fait en même temps , le prix de la viande baisse et le prix de l'aliment s'envole . Mais tout ça se sont des ajustements qui se font avec le temps et l'expérience
Sinon bravo pour avoir une réflexion aussi jeune mais travailler au sens contraire du courant c'est aussi épuisant à la longue . Il faudra beaucoup de courage .Un grand merci pour cette bataille contre toutes les idées préconçues


mono, le mot" secheresse "n a pas le meme sens dans le 61 :mdr

si non pour les cellules sur des VL a 16 kg doit pas y avoir de soucis.........

bravo a gerard pour son système!!
Sam 25 Avr 2015 14:49 #15
paul 02 a écrit:
ils ont oublié l essentiel , le fait que les laiteries nous demandent du lait toute l année
sans oublier la surface necessaire qu il faudrait en france pour produire la valeur de notre feu quota national :hihi


c est du marché lait bio dont il est question .........
Sam 25 Avr 2015 14:50 #16
padel50 a écrit:
gzou a écrit:
Bravo Gerrard!
Moi, jaimerais ensavoir plus sur la facon dont tu ty prend pour laisser vieillir tes prairies et passer en praries permanentes?
(Perte de production des prairies, disparition et apparitions despeces, technique de paturage, repartition de la pousse sur lannee par rapport au PT...)

je ne sais pas comment fait gerard , mais pour ma part ,je fais vieillir les prairies tout simplement en laissant faire la nature :gene , la production est différente d'une PT ,pousse moins rapide au printemps mais moins sensible aux conditions climatiques ayant une production mieux étalée dans l'année et supportant mieux la pâture en conditions humides :idea:
je teste , cette année , un mélange suisse sur une nouvelle prairie réimplantée en septembre 2014 , affaire a suivre :idea:


padel dans la manche la flore spontanée est bien adaptée a la production laitiere

ca ne se verifie pas partout!!
Sam 25 Avr 2015 15:01 #17
pv 53 a écrit:
padel dans la manche la flore spontanée est bien adaptée a la production laitiere

ca ne se verifie pas partout!!

je ne dis pas le contraire , mais dans le 53 ça ne doit pas en être si loin :gene
c'est comme la méthode de gerard , tant qu'on a pas essayé on ne peut pas savoir :idea:
Sam 25 Avr 2015 19:34 #18
gerard a écrit:

Et effectivement, le potentiel des sols est très correct : 900 mm de pluvio, 7-8 TMS en herbe ou 14-16 TMS en maïs ensilage (quand il y en avait...)


Finalement les clichés ont la vie dure ... même pluvio que toi dans le coin le plus sec des Pyrénées Atlantiques, par contre l'effet T° est plus problématique pour l'herbe, plutôt 5 T MS en herbe ( difficile à quantifié ) et 16 à 20 T MS maïs en irrigué.

:pouce Bravo à toi.
Sam 25 Avr 2015 21:51 #19
Kenji : pour la place en bâtiment, j'avais 1 bâtiment à taurillons qui aujourd'hui me sert pour les VL et génisses. Je fais avec l'existant que j'ai la chance (ou pas, ça dépend toujours dans quel sens on regarde les choses) d'avoir.

Xavier : J'ai longuement réfléchi à ce que tu dis et peut-être que je me trompe, mais voici comment j'y ai réfléchi. Contrairement à un système grande culture, un système herbe exclusif produisant viande ou lait n'exporte quasiment pas d'éléments (N-P-K) si ce n'est un peu de Calcium et autres. Pour ma part j'apporte en amendement un peu de cendres de bois (K + Ca) d'une scierie voisine. J'achète aussi un peu de paille (2 camions) donc là encore apport. Tout le fumier est mis sur les parcelles fauchées. De plus j'ai déjà replanté 1.6 km de haies. Les arbres permettent de remonter des éléments descendus trop loin pour les plantes prairiales et les redonnent via leurs feuilles. Plus tard, je souhaite faire du copeau pour mettre en fond de litière et récupérer encore des éléments. J'espère donc éviter de la sorte une agriculture minière et au contraire accroître l'activité biologique de mon sol, mais je me trompe peut-être et je suis là pour prendre toutes les idées qui pourrait m'éviter d'aller dans une impasse, d'autant plus que les témoignages sur ce type de système sont peu nombreux et que je lutte pour en trouver.

Gzou : tu peux lire André Voisin (Dynamique des herbages), après sur cette démarches les infos sont très parcellaires. Pour être allé chez JY Penn, toutes ses prairies ont plus de 15 ans et restent productives. Après il faut accepter de passer par les "années de misère", c'est à dire une chute de production avant de remonter. Comme dit Padel, je m'adapte juste à chaque parcelle et à sa dynamique.

Padel : je sais bien que rien n'est reproductible... et je n'encourage personne à reproduire mon système, seulement à s'adapter à son contexte du mieux qu'il peut et à y prendre du plaisir. (j'insiste sur ce dernier point !!)

PV53 : effectivement quand il fait sec chez moi, ailleurs c'est dur dur...Pour le niveau par VL, en fait 16 kg c'est une moyenne à l'année mais en ce moment je suis à 22. On ne peut pas parler de moyenne à l'année en cas de vêlage groupé...Mais effectivement depuis la diminution de production par VL, les problèmes ont diminués aussi.

Enfin, je reviens sur la notion de potentiel pédo-climatique parceque c'est une chose qui m'amuse. Quand j'étais conseiller en Mayenne, mes adhérents disaient toujours "oui mais chez untel c'est différent parceque ..."
D'ailleurs mes voisins proches me disent " oui mais on n'a pas les mêmes terres que toi, on ne pourrait pas faire ça", comme quoi en 500 mètres tout peut changer. Toujours est il que j'ai plusieurs types de sols : du superficiel séchant, du sol profond, des prés humides drainés (je viens de déboucher 200 m de drains la semaine passée) avec des productions variant de 5 à 10 TMS d'herbe selon les parcelles et les années. Mais le plus gros avantage, avant la qualité du sol, c'est surtout que ces parcelles soient groupées sinon je n'aurais pas pu bâtir ce système.
Et pour revenir au quota, c'était un droit à produire et non un devoir. J'ai fais le choix dès le début de ne pas le faire et de refuser du lait à mon installation pour créer un système cohérent. Et plusieurs laiteries accepte l'arrêt de traite même chez les non bio...puisqu'il existe des cas

Titian : pour la température passe en Fétuque élevée, tu auras plus de marge de manoeuvre !
Sam 25 Avr 2015 21:59 #20
xavier courboin a écrit:
je partage tous les propos positifs exposés ci-dessus et ne vais pas mal les plagier.
cohérence et des méthodes qui décoiffent les habitudes. Fallait oser et le faire!
Mais, une chose me choque c'est l'attitude "coloniale" du mode d'exploitation des ressources. Des exportations pour faire du revenu par ponctions continues sur le fond de terre.
Des siècles de cette attitude ont provoqué des décadences de zones très riches de par le monde, l'histoire en est pleine.....
Tes prédécesseurs au cours des siècles ont construit une richesse que tu consommes , sans avoir la même pratique responsable pour les générations futures.
J'en sais quelque chose, après des siècles d'alternance charbon de bois et fumier d'alouettes migratrices et pas vraiment généreuses, 40 ans n'ont pas suffit encore à ramener un niveau de fertilité suffisant pour alimenter les plantes pendant les accoups climatiques.



les vaches ramènent la fumure . On a laissé une parcelle à un voisin après + de 10 ans de bio , il fait de sacrées récoltes de céréales et de maïs dedans ! Plusieurs nous conseillent d'arrêter le bio 5 ans avant de prendre la retraite et de faire plus de culture pour profiter justement du repos des terres pendant toutes ces années
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire" Albert Einstein
mes vaches sont là pour me nourrir, pas pour engraisser l'état

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